Dassault et Thales au Bourget et entretien avec M. de Pimodan de Thales

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Le Président M. Dano et le Vice-président M. Louvet ont été conviés, lors du salon du Bourget 2017 à visiter le fleuron de l'aviation française : Dassault Aviation et son partenaire technique au rayonnement international : Thales.

Ces deux groupes français, travaillent de concert pour conquérir les cœurs des militaires finlandais. Ces derniers ont lancé un appel d'offres pour renouveller la flotte finlandaise d'avions de chasse. Après les contrats gagnés au Qatar, en Egypte et en Inde par Dassault, l'épicentre des compétitions actuelles se situe maintenant en Europe, et face au Rafale de Dassault-Aviation on trouve Eurofighter Typhoon de BAE Systems, JAS Gripen E de Saab et F-35 de Lockheed Martin.

M. Philippe de Pimodan de Thales nous faisait part de sa position lors de la rédaction de notre newsletter de février 17 : "L'acquisition d'un avion de chasse reste un acte éminemment politique et la relation entre la France et la Finlande sera un élément déterminant dans la prise de décision. Nous souhaitons, avec le support de la CCFF, renforcer ce lien fort qui existe déjà entre nos deux pays et démontrer notre attachement à défendre une vision commune dans les domaines des hautes technologies et de l'innovation". L'entretien complet se trouve ci-dessous.

 

"Un bel avion est un avion qui vole bien" disait Marcel Dassault.
Rafale au ciel du Bourget © Dassault Aviation, V. Almansa

 

Ciel dégagé et une température caniculaire au Bourget.
© CCFF

 

 

 

 

Entretien avec M. Philippe de PIMODAN, Senior Sales & Marketing Manager for Combat Aircraft chez Thales

 

    02/2017

 

 

 

                          Philippe de Pimodan

Thales est le leader des systèmes d'information de la défense, de l'aéronautique, de la sécurité, de l'espace et du transport terrestre. M. de Pimodan nous parle de ce groupe, leur coopération avec Dassault-Aviation, et leurs affaires avec l'armée de l'Air finlandaise.


Pourriez-vous nous présenter brièvement l'histoire ainsi que les activités principales de Thales ?
Thomson-CSF, groupe d'électronique professionnel centenaire, est devenu Thales en Décembre 2000 après de nombreuses acquisitions en Europe (UK et Pays-Bas principalement) mais aussi en Australie ou en Afrique du Sud. Thales est un acteur mondial aux capacités technologiques exceptionnelles et un leader des systèmes d'information critiques sur 5 marchés : la défense, l'aéronautique,  la sécurité, l'espace et le transport terrestre. Thales, fort de 62.000 salariés, est présent dans 56 pays et réalise un chiffre d'affaires de 14 Milliards d'euros (2015). A titre d'exemples Thales est n°1 mondial des systèmes de gestion du trafic aérien, très présent en Finlande, au même titre que des systèmes de sécurisation des transactions interbancaires. Thales fournit l'avionique des Airbus ainsi que l'ensemble des systèmes électroniques du Rafale. Thales est aussi n°1 mondial des charges utiles pour satellites de télécommunications mais aussi des sonars acoustiques trempés. Thales est concepteur de systèmes d'armes mais s'assure aussi que les trains et les métros partent et arrivent à l'heure ! En bref, Thales est acteur clé de la sécurité des citoyens, des infrastructures et des états, partout où des décisions critiques doivent être prises.


Vous travaillez chez Thales depuis 1987, pourquoi avez-vous initialement souhaité travailler dans cette entreprise ?
Je suis ingénieur de formation est c'est très naturellement que je me suis dirigé vers une société de haute technologie mais c'est la dimension internationale du groupe qui m'a particulièrement attiré. Ma première expérience d'expatrié, ma coopération au Maroc, m'a conforté dans le désir d'un parcours international qui m'a conduit à travailler exclusivement sur les marchés export avec quelques expériences d'expatriation passionnantes pour lesquels j'ai eu le privilège de représenter le groupe Thales au Koweït et en Indonésie.


Votre parcours professionnel est axé surtout sur le Moyen-Orient, mais depuis quelques années vos responsabilités incluent aussi la vente et le marketing des avions de combat en Europe. Comment avez-vous trouvé cette transition vers les affaires Européennes dans ce secteur ?
J'ai en effet beaucoup parcouru le Moyen-Orient avant et après une escapade de 4 ans en Asie. On m'a alors demandé de soutenir le dossier de la vente du Rafale au Qatar aux cotés de Dassault-Aviation notre partenaire et actionnaire. J'ai donc passé beaucoup de temps sur ce dossier avant son issue positive en Décembre 2015 lorsqu'a été conclu la vente de 24 Rafale. C'est à cette occasion qu'il m'a été demandé d'assurer le suivi de nouveaux dossiers Rafale en Europe et tout particulièrement en Finlande où l'armée de l'Air a décidé en 2016 de lancer une consultation pour le remplacement des avions de chasse F-18 acquis en 1992. C'est un challenge, les américains ne sont pas des amateurs, les suédois et les anglais non plus !

Quels sont vos engagements et votre rôle dans ce projet ?
Thales est très présent en Finlande depuis de nombreuses années et notre collègue Marc Essig n'est pas étranger aux bonnes performances du groupe dans ce pays dont il a la responsabilité au niveau corporate. En ce qui me concerne, je me concentre sur le Rafale et mon job est d'assurer aux cotés de Dassault-Aviation le succès de l'opération qui devrait conduire à une sélection de l'avion en 2021 / 2022. La promotion du Rafale est assurée par le GIE RAFALE INTERNATIONAL dont Dassault-Aviation, Safran et Thales sont les trois partenaires. L'action commerciale est donc assurée par les trois groupes, Dassault-Aviation en détenant naturellement le leadership. Thales est le fournisseur exclusif de composants stratégiques du Rafale : son radar à balayage électronique sans équivalent en Europe, sa suite de guerre électronique qui lui assure un « bulle » d'autoprotection, ses systèmes optroniques lui permettant de délivrer de l'armement guidé ou d'assurer des missions de reconnaissance, son avionique de bord ainsi que l'ensemble de ses moyens de communications. De quoi occuper une équipe d'experts passionnés désireux de convaincre les militaires finlandais.

Dassault, qui fabrique les avions Rafales, est aussi un membre de la Chambre de Commerce Franco-Finlandaise. Comment se passe votre coopération ?
Dassault-Aviation étant notre actionnaire principal (25%) aux cotés de l'état français, les coopérations sont évidemment nombreuses. Ils conçoivent et fabriquent les meilleurs avions civils et militaires du monde, ils font donc régulièrement appel à leur « électronicien préféré » dans nos domaines d'expertises. Dassault-Aviation peut aussi s'appuyer sur le réseau international du groupe Thales quand il s'agit d'assurer la promotion de leurs produits dans le monde ou de bénéficier d'un support local dans des pays où ils ne sont pas encore présents.


Où voyez-vous Thales Systèmes Aéroportés dans cinq ans ?
Thales Systèmes Aéroportés, l'unité à laquelle j'appartiens, doit livrer à l'Egypte, au Qatar et à l'Inde l'ensemble des systèmes liés à la fourniture de 84 avions. En parallèle nous devons assurer le soutien des plus de 250 Rafale et Mirage 2000 de l'Armée de l'Air et de la Marine Nationale très sollicités par les opérations extérieures. Nous travaillons par ailleurs en permanence sur des améliorations des systèmes embarqués sur le Rafale qui volera jusque dans les années 2060 période à laquelle il sera remplacé et complété par de nouveaux vecteurs tel que les drones armés sur lesquels nous travaillons évidemment aussi avec Dassault-Aviation. Nos futurs clients peuvent donc être rassurés sur la pérennité de notre activité et sur le maintien de nos compétences au plus haut niveau des exigences attendues par les forces françaises.

Pourquoi avez-vous initialement souhaité devenir membre de la Chambre de Commerce Franco-Finlandaise et qu'est-ce que vous attendez de la CCFF au futur ? 
L'acquisition d'un avion de chasse reste un acte éminemment politique et la relation entre la France et la Finlande sera un élément déterminant dans la prise de décision. Nous souhaitons avec le support de la CCFF renforcer ce lien fort qui existe déjà entre nos deux pays et démontrer notre attachement à défendre une vision commune dans les domaines des hautes technologies et de l'innovation.

Nous remercions M. de Pimodan pour avoir trouvé le temps pour cet entretien.

 

 

 

 

 

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